Le Dominator de Psycho-Pass est prêt à servir

 

Psycho-Pass est une franchise animée (2 saisons et 1 film) se déroulant dans un univers dystopique. Elle a été diffusée dans son intégralité par France 4 en mars-avril 2015.

2112. Le Japon, devenu autosuffisant, s’est replié sur lui-même (le fameux Nihon Sakoku) et la nation a été placée sous la surveillance de Sybil [1], un système informatique mesurant en permanence le coefficient de criminalité de la population. Au-delà de l’aspect sécuritaire, Sybil règle l’existence des habitants jusqu’à sélectionner les personnes les plus adéquates pour chaque fonction. Ainsi, chacun est débarrassé de certaines préoccupations et ceux qui développent des pensées trop violentes sont ciblés comme « criminels latents » et internés en vue d’une réhabilitation qui n’arrivera jamais.

Psycho-Pass_affiche-custom-Ibule
Psycho-Pass – Affiche custom Ibule ©サイコパス製作委員会

 

Même si une grande partie de la délinquance a été éradiquée (à tel point que la population ne dispose plus d’aucun réflexe de survie), il arrive que des éléments marginaux se rebellent. Toute forme de police et de justice ayant disparu, c’est au Ministère de la Santé Publique qu’incombe de gérer ces cas isolés, via son Département d’Investigation Criminelle.
Constitué de 3 divisions, il regroupe des inspecteurs et des exécuteurs fichés comme criminels latents ; ces derniers sont en charge des basses œuvres, afin de ne pas troubler le pyscho-pass des inspecteurs.

Psycho-Pass_title-screen
Psycho Pass – Title Screen

 

 

Au générique, on trouve d’ailleurs ce texte :
« C’est un monde où l’état mental et les tendances personnelles des citoyens peuvent être quantifiés. Toutes sortes d’inclinations sont enregistrées et régulées. Ces mesure — utilisées pour juger l’âme des gens — sont appelées Psycho-Pass. »

Ainsi, Psycho-Pass emprunte à tout un panel de la culture science-fictionnelle : 1984 de George Orwell, Philip K. Dick et Blade Runner (le QG de la police est d’ailleurs assez similaire), Les Robots (I Robot) d’Isaac Asimov, Le Meilleur des Mondes (Brave New World) d’Aldous Huxley, Un Bonheur Insoutenable (This Perfect Day) d’Ira Levin, Johnny Mnemonic de William Gibson, Ghost in the Shell (Kōkaku Kidōtai) de Mamoru Oshii… Mais aussi à d’autres œuvres phares comme Au Cœur des Ténèbres (Heart of Darkness) de Jospeh Conrad, Titus Andronicus (The Most Lamentable Romaine Tragedy of Titus Andronicus) de William Shakespeare, Les Chasses du Comte Zaroff (The Most Dangerous Game)… sans oublier la pensée philosophique de Descartes, Proust ou l’incontournable Friedrich Nietzsche et son Par-delà le bien et le mal.
Malgré tout, la série parvient à emprunter sa propre voie, matérialisée par une montée en puissance tout au long de la saison 1. Le début sert surtout à nous présenter l’univers et son personnage central, Akane Tsunemori, jeune femme idéaliste qui découvre que tout est loin d’aller pour le mieux dans la métropole. Ceci mit en place, l’intrigue fil rouge peut alors se développer pleinement et la tension aller crescendo.
D’un point de vue technique, cette série créée par Gen Urobuchi se situe sur le haut du panier avec un graphisme détaillé, notamment au niveau des décors et de la lumière, et une musique prenante signée Yūgo Kanno. D’ailleurs, le studio d’animation n’est autre que Production I.G, principalement connu pour sa saga Ghost in the Shell (Kokaku Kidoutai) justement.

 

Objet incontournable de cet univers, aussi bien d’un point de vue graphique que dramatique : le Dominator.
Designé par Makoto Ishiwata, le 45MW.TRG Dominator (ou Dominator Portable Psychological Diagnosis and Suppression System) constitue à la fois un scanner et une arme. Il est le bras armé de Sybil, bien plus que les agents du CID : ceux-ci ne peuvent en effet presser la gâchette qu’à condition que le système les y autorise. Si cela met à l’abri de toute bavure, la série montre que cela peut aussi causer de graves soucis en laissant les agents désarmés.
Le Dominator mesure la nuance de la cible, c’est-à-dire son niveau de criminalité, et décide de la mesure à prendre/l’action à engager/la sanction à appliquer. Trois niveaux existent :
– Non-Lethal Paralyzer, qui tase violemment le suspect
– Lethal Eliminator, qui fait éclater la partie du corps ciblée (ce qui conduit souvent à la mort)
– Destroy Decomposer, qui traverse n’importe quelle surface (utilisé surtout contre des machines)

Psycho-Pass_s01e05_crime-coefficient
Psycho-Pass – Crime Coefficient (s01e05)

 

Le passage d’une position à l’autre se fait via une transformation visuelle de l’arme.
Le Dominator tire des ondes électromagnétiques et peut, à pleine charge, tirer quatre fois.

Psycho-Pass_Dominator-modes_psychopasswikia
Psycho-Pass – Dominator modes ©psychopasswikia

 

Autre caractéristique importante, le Dominator communique avec son porteur, afin de l’informer de ses « décisions ». Cela se fait via une voix synthétique (Noriko Hidaka), comparable à celle d’un GPS, et dont la douceur et le calme, voire l’indolence, contrastent clairement avec la nature des situations, où l’agent s’apprête à faire feu sur quelqu’un (et bien souvent à tuer).

USER Ninshou: Kougami Shinya shikkoukan
Hanzai keisuu: over hyakurokujuu. Shikkou taishou desu.
Taishou no kyoui hantei ga koushin saremashita.
Shikkou MODE. Lethal Eliminator.
Shinchou ni shoujin wo sadame, taishou wo haijoushitekudasai.

 

(Utilisateur certifié : exécuteur Shinya Kougami.
Coefficient de criminalité : supérieur à 160. Cible à appréhender.
Le jugement de la menace de la cible a été mis à jour.
Mode d’appréhension : Lethal Eliminator
Veuillez viser avec soin et éliminer la cible)

 

(Il ne s’agit pas du son officiel mais d’un remix assez proche. Pour la version originale, vous pouvez voir cette vidéo , mais dont le contenu visuel n’a rien de bien intéressant.)

 

 

Rapidement devenu un objet culte pour les fans de la série, certains d’entre eux proposaient même des guides pour le fabriquer soi-même (à réserver aux gens habiles de leurs mains).
Le Dominator ne pouvait donc échapper au merchandising et Bandai avait dégainé le premier, avec une version sobre mais efficace munie de LED.
Sauf que ces répliques demeuraient désespérément inertes, ôtant du même coup une partie/aspect de sa personnalité à l’objet.

Et puis Cerevo est arrivé :

 

Cerevo Inc. (Consumer Electronic REVOlution) est une société d’électronique basée à Akihabara, le quartier des otakus situé en plein cœur de Tokyo. Elle s’est spécialisée dans les créations hi-tech de tous types, mais c’est la première fois qu’elle œuvre pour un jouet.

Réalisé en collaboration avec le Makoto Ishiwata (designer) et Naoyoshi Shiotani (réalisateur de la série), ce Dominator propose toutes sortes de fonctions qui le rendent plus « vivant » : transformation automatique, voix, effets sonores, éclairage par LED, activation sensorielle, ou encore mesure du coefficient de criminalité.

Ce smart toy est annoncé comme le premier disposant d’un moteur électrique permettant sa transformation entre les modes Paralyzer et Eliminator (le Decomposer est encore trop complexe à mettre en œuvre).
De plus, l’arme possède une micro-caméra qui permet, via Wi-Fi, d’enregistrer les scans de criminalité sur votre smartphone (reproduisant ainsi l’esthétique de la série).
Bien sûr, la voix est également présente et la seiyū Noriko Hidaka a enregistré pas moins d’une centaine d’éléments vocaux qui se déclenchent seuls suivants les situations (quelques exemples sont donnés par le site AmiAmi).
Enfin, la poignée dispose d’un détecteur qui permet d’enregistrer l’empreinte du propriétaire et d’interdire l’utilisation à une personne non-enregistrée.

 

Seul obstacle : le prix.
Proposé à 79 800 ¥ HT pour la version standard (617 €) et à 89 800 ¥ HT pour l’édition spéciale (695 €), avec en plus la possibilité d’acquérir une housse de protection à 12 800 ¥ HT (100 €) ou une batterie supplémentaire à 1 580 ¥ (12 €), il ne s’agit plus d’un jouet, mais bien d’un véritable objet de collection.

 

Le Dominator est prévu pour le courant mars 2016.

Psycho-Pass_cosplay_Tsunemori-Akane_Dominator
Cosplay Akane Tsunemori avec Dominator ©okutabi

 

Site officiel :   https://dominator.cerevo.com/en/
https://info-en-blog.cerevo.com/2016/02/05/278/

Boutique officielle :   http://cerevo.shop-pro.jp/?pid=98430606

 

 

 

[1] Une « Sybille » désigne une prophétesse dans l’Antiquité (elles étaient au nombre de dix).
À noter également que Sybil, or The Two Nations est un roman de Benjamin Disraeli qui dépeint la situation catastrophique dans laquelle se trouve la classe ouvrière anglaise au milieu du XIXe siècle.

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