Plongée dans les onsen

Comme en Islande, les bains d’eau de sources chaudes sont monnaie courante au Japon. On les appelle onsen (« On » = chaud et « sen » = source).

Onsen

Onsen

Ces plans d’eau extérieurs (même si aujourd’hui certains établissements possèdent également des bains intérieurs) sont chauffés naturellement grâce à l’activité volcanique très importante de l’île [1].
C’est un lieu de détente et de soins qui propose également restauration et hébergement, à l’image de nos stations thermales. Néanmoins, les Japonais y viennent avant tout pour le bain lui-même, le temps de s’immerger et de profiter des bienfaits d’une eau minérale de grande pureté.

La baignade se fait entièrement nue ; sauf exceptions, le port du maillot de bain est interdit, ce qui peut rebuter les touristes étrangers.
Peut-être aussi avez vous déjà vu des personnages (animés ou non) utiliser une minuscule serviette pour cacher leur parties intimes. La possibilité de la conserver dans le bassin dépend du bon vouloir du gérant ; lorsque cela n’est pas possible, elle est soit laissée sur le bord, soit posée sur la tête.

À l’origine, les bains étaient mixtes, mais cette pratique fut abolie durant l’ère Meiji (1868-1912) et l’ouverture au monde occidental. Cependant, il en existe encore quelques-uns, notamment les célèbres Tsubame Onsen (Myōkō-shi, Niigata-ken) qui, en plus d’être mixtes, sont gratuits !

Il est indispensable de se laver avant de s’immerger. Ne pas le faire, ou même entrer dans l’eau avec des traces de savon est très mal vu.

Dernière chose : si les conversations sont tolérées, elles doivent se faire à voix basse. Les onsen sont des lieux de détente où le calme doit être préservé.

Les établissements peuvent être privés ou publics. Le prix varie donc suivant les lieux, certains étant gratuits.
L’une des plus importantes stations se trouve à Beppu (Ōita-ken, sur l’île de Kyūshū). Avec environ 3 000 sources chaudes, la ville se trouve nappée dans un brume vaporeuse et fourmille d’établissements thermaux. Cependant, à l’image de nos propres stations balnéaires, l’endroit est devenu assez commercial et les nombreuses constructions, notamment en front de mer, on un peu défiguré le paysage. Les personnes recherchant un cadre plus pittoresque se rendront plus à l’ouest, du côté de Yufuin. Néanmoins, la ville propose un lieu unique, Les Enfers de Beppu (Beppu no jigoku), avec ses geysers et surtout ses sources aux couleurs étranges, comme le Chi-no-ike, « l’étang de sang », à Kannawa (par contre, la baignade est interdite pour cause de classement au patrimoine nationale, mais aussi à cause de la température trop élevée des eaux).

Shirahone Onsen en été

Shirahone Onsen en été

Shirahone Onsen en hiver

Shirahone Onsen en hiver

Toutes les sources d’eau chaude ne peuvent pas s’appeler onsen. Une loi de 1948, règlemente justement ces sources : seules celles respectant certains critères (température et composition minérale de l’eau) peuvent porter ce nom. On retrouve certains onsen artificiels où l’on a volontairement rajouté des composants chimiques pour répondre à la législation.
En mars 2011, le ministère de l’environnement du Japon enregistrait 3 185 onsen situés sur tout le territoire.

L’utilisation des onsen remonterait à l’antiquité.
Mais c’est véritablement à partir du XVIe siècle que les séjours et les cures se développent, notamment sous l’impulsion du shogun Ieyasu Tokugawa, qui y suivi des soins durant l’année 1604.

 
 

[1] Il ne faut pas confondre les onsen avec les sentō, qui sont de simples bains publics, alimentés à l’eau du robinet.

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